Comme la nuit

corps rouge

Comme la nuit.

Une fois arrivé là, on ne pouvait qu’avancer encore …
puisqu’à cet instant, le demi-tour eut fait contre-sens.

Mais les indications se multipliaient, les mesures et les distances se contredisaient, s’avéraient peu fiables et pouvaient entrainer vers l’égarement, ou pire, l’erreur.
Atteindre une butte supérieure, c’était d’abord redescendre deux à trois vallées – des genoux, des malléoles, des creux poplité – pour remonter, à grandes respirations, par une parcelle pentue ficelée à une autre.

« Pour rester un moment blotti contre la paroi humide et chaude,
invente-toi un sens de l’équilibre, une confiance de silex.
Enjambe mine de rien,
rattrape-toi au vol en regardant ailleurs,
trouve la prise sans serrer, prends au creux de tes doigts,
aime nom de dieu … ! »

Alors, à peine tenu à un fil,
avoir soudain abandonné toute inquiétude, instant cosmique où je roulai jusqu’ici,
petit endroit aux couleurs de contrebande et aux essences mille fois espérées.
Ton sein. Ton sein ou je posai ma joue sans plus bouger.

« Qu’on me poignarde ici et maintenant par pitié »

… ton sein roux, orange, rouge peut-être,
oui exactement rouge c’est ça.
Rouge comme la nuit.

J.Bonnin
-p Y 2015-